{"id":4551,"date":"2018-01-19T10:11:40","date_gmt":"2018-01-19T10:11:40","guid":{"rendered":"http:\/\/lesliaisonsliteraires.co.uk\/?p=4551"},"modified":"2018-01-19T10:11:40","modified_gmt":"2018-01-19T10:11:40","slug":"le-grand-cahier-agota-kristof","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lesliaisonsliteraires.co.uk\/?p=4551","title":{"rendered":"Le grand cahier &#8211; Agota Kristof"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft \" src=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/-NwskbtPBUy0\/UxYm8kUsuwI\/AAAAAAAASSo\/0S_DnhqRswk\/s1600\/001+(2).jpg\" width=\"242\" height=\"403\" \/>Ce livre est avant tout une critique des horreurs de la guerre et de l\u2019occupation.<\/p>\n<p>Voici quelque chose d&#8217;\u00e9crit sur la guerre qui ne pouvait \u00eatre \u00e9crit que comme fiction. Non-fiction ne transmettrait pas le m\u00eame impact des horreurs.<\/p>\n<p>Une femme est oblig\u00e9e de laisser ses jumeaux avec sa m\u00e8re, avec qui elle a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9e pendant 10 ans. Les gar\u00e7ons ne la connaissent pas. La grand-m\u00e8re est soup\u00e7onn\u00e9e d&#8217;avoir empoisonn\u00e9 son mari, le grand-p\u00e8re des gar\u00e7ons et les villageois l&#8217;ont surnomm\u00e9e &#8220;La sorci\u00e8re\u201d.<\/p>\n<p>La grand-m\u00e8re des gar\u00e7ons vit juste \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur d&#8217;une petite ville, vivant d&#8217;une main \u00e0 l&#8217;autre la vie paysanne, cultivant des choses sur sa terre et vendant des choses au march\u00e9 de la petite ville. Elle essaie de rendre la vie des gar\u00e7ons aussi mis\u00e9rable que possible, avec son intimidation et son ch\u00e2timent physique. C&#8217;est, apr\u00e8s tout, comment on apprend la vie.<\/p>\n<p>Les deux gar\u00e7ons apprennent rapidement \u00e0 utiliser leur intelligence, \u00e0 travailler et \u00e0 se durcir pour s&#8217;adapter \u00e0 la violence de leur monde.<\/p>\n<p>Leur grand-m\u00e8re est extr\u00eamement d\u00e9sagr\u00e9able, intimidante, sale et cruelle. Les gar\u00e7ons tiennent un cahier pour enregistrer leurs r\u00e9unions et leurs observations. Les jumeaux se donnent des exercices pour les aider \u00e0 faire face \u00e0 la douleur, au froid et la faim et apprendre. Enfin, ils deviennent des autodidactes.<\/p>\n<p>Une chose tr\u00e8s distinctive \u00e0 propos du roman est que les jumeaux parlent d&#8217;une seule voix. Et toujours se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 eux-m\u00eames comme nous. Les deux gar\u00e7ons ne parlent jamais s\u00e9par\u00e9ment ni ne discutent entre eux et semblent toujours \u00eatre d&#8217;un m\u00eame avis. L\u2019auteur ne nous dit pas leurs \u00e2ges ni leurs noms. On peut deviner qu&#8217;ils ont probablement entre neuf et dix ans.<\/p>\n<p>L&#8217;absence de noms et d&#8217;\u00e9motions \u00e9voque pour moi la lecture de L\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Les abus sexuels et les rapports sexuels avec des mineurs sont enregistr\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re que de nombreux autres \u00e9v\u00e9nements du roman. L&#8217;histoire d&#8217;une enfance bris\u00e9e et d&#8217;une innocence perdue. Les exc\u00e8s que l&#8217;auteur expose d\u00e9montrent l&#8217;absence d&#8217;un code moral en temps de guerre.<\/p>\n<p>Le premier roman d&#8217;Agota Kristof est une bonne le\u00e7on pour dire plus avec moins. L&#8217;auteur \u00e9crit de telle mani\u00e8re que le lecteur est toujours d\u00e9sireux de lire le prochain court chapitre, souvent 3-4 pages. Normalement, tout est \u00e9crit au pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Sa fille, Zsuzsanna Beri, explique que l&#8217;action des grands cahiers a eu lieu lorsque Agata a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 pr\u00e8s de la fronti\u00e8re hongroise-autrichienne.<\/p>\n<p>L&#8217;auteur est n\u00e9e en Hongrie mais a d\u00fb quitter son pays natal en 1956 \u00e0 la suite du soul\u00e8vement. Elle a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 en Suisse et a \u00e9crit en fran\u00e7ais. Comme il \u00e9tait remarquable qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 21 ans, elle ne connaissait pas un mot de fran\u00e7ais, elle pouvait encore gagner le prix europ\u00e9en de litt\u00e9rature fran\u00e7aise. Cela me rappelle Joseph Conrad, qui \u00e9tait aussi originaire d&#8217;Europe de l&#8217;Est (Pologne) et qui a \u00e9crit ses romans en anglais, une langue qu&#8217;il a commenc\u00e9 \u00e0 apprendre quand il \u00e9tait dans la vingtaine.<\/p>\n<p>En 2000, quand un professeur de litt\u00e9rature de 26 ans a achet\u00e9 des exemplaires de son livre \u00e0 lire \u00e0 son coll\u00e8ge \u00e0 Abbeville, dans le nord de la France, il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 devant ses \u00e9l\u00e8ves et jet\u00e9 en prison pendant trois heures.<\/p>\n<p>Des enseignants, des \u00e9l\u00e8ves et des parents ont manifest\u00e9 dans les rues d&#8217;Abbeville pour soutenir l&#8217;enseignant, qui a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 et autoris\u00e9 \u00e0 poursuivre sa carri\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre est avant tout une critique des horreurs de la guerre et de l\u2019occupation. 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